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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 12:15

Ce weekend je suis allée voir une expo très sympa au Maritime Museum : Shackleton - Endurance.

 

Ernest Shackleton est un héros pour les britanniques, et à juste titre.

 

Il s'agit là d'un véritable aventurier, qui, après un début de carrière dans la marine marchande, puis deux expéditions en Antarctique avec Scott, qui n'atteignent pas le pôle, décide de monter sa propre expédition. Mais celle-ci va tourner à la catastrophe. Et pendant tout ce temps, le photographe Frank Hurley continue de faire des photos, dans des conditions extrêmes, et sauve ensuite les plaques de verre de l'épave de leur bateau... Un dingue...

 

Hurley (gauche) et Shackleton, sur Elephant Island 


En décembre 1914, Ernest Shackleton, son équipage de 30 hommes et 70 chiens de traineau prennent la mer à bord de l'Endurance. D'ailleurs c'est lui qui a baptisé le bateau ainsi, alors que tout le monde sait que changer le nom d'un bateau porte malheur. Ils vont voir, tiens. Ah et il y avait un chat aussi. Enfin moi, je dis ça, les marins sont sensés être superstitieux.

 

Bref, au début ça ne se passait pas si mal, pour des hommes aguerris comme eux. On fait du traineau, on mange des manchots et des phoques, on explore. De nombreuses photos illustrent la vie sur le bateau, du dépeçage de manchot à la partie d'échecs dans une cabine, et même au match de foot sur glace.


Et là, à seulement un jour de leur destination, ils se retrouvent coincés dans la glace. Le bateau, construit comme un bélier, ne peut plus briser la glace, et se retrouve pris en étau entre d'énormes blocs. Même à pleine vapeur la glace ne bouge pas, et les efforts de tous l'équipage pour briser des blocs nuit et jour sont vains. Les craquements sont terribles. Il ne reste plus qu'à attendre l'été austral, au milieu d'un désert de glace...

 

  L'Endurance pris dans les glaces


Le 27 octobre 1915, partis depuis plus d'un an, et coincés depuis dix mois, les hommes abandonnent le navire, sur les ordres de Shackleton. Filmé par Hurley, qui n'était pas homme à déprimer facilement, l'Endurance coule le 21 novembre, broyé et aspiré sous la glace. Il leur reste trois tentes de tissu fin, les vêtements qu'ils ont sur le dos, et ce qu'ils peuvent fabriquer à partir de la faune locale. En utilisant les chiens pour tirer des canots de sauvetage sur la glace, l'équipage prend la route, mais établit un campement après sept jours, toujours en vue du bateau.

 

Shackleton pense que la banquise les fera dériver vers un campement où se trouvent des vivres, mais ils attendent en vain.

Le 22 avril 1916, il est temps de chercher du secours. Shackleton prend 5 hommes avec lui, et ils partent en canot de sauvetage en direction de la station baleinière la plus proche. Les 22 hommes restants, abandonnés sur Elephant Island, doivent se résoudre à attendre patiemment leur retour éventuel, affaiblis par le scorbut, la faim, et des gelures terribles. L'île est déserte, le brouillard ne se dissipe pas, le vent souffle en continu, il n'y a rien à l'horizon. Les plus faibles commencent à perdre l'esprit. C'est leur deuxième hiver polaire.

 

  Les abandonnés d'Elephant Island assistent au départ de Shackleton, leur seul espoir


Le 10 mai 1916, presque par miracle considérant leur absence d'équipement, le canot de sauvetage de Shackleton atteint la rive la plus proche de la station baleinière, il faut continuer à pieds sur 22km, avec seulement de la corde, un compas de marin, et des clous dans leurs semelles pour l'adhérence. Le 20 mai, ils atteignent la station, le visage noir, les extrémités gelées, les vêtements en lambeaux. Les locaux qui les ont vus partir deux ans plus tôt ne les reconnaissent pas.

 

Il faudra encore aux abandonnés d'Elephant Island attendre le 30 août, pour qu'enfin les secours arrivent à les atteindre. Shackleton compte les têtes, en arrivant en vue de l'île, pas un seul homme n'est mort, Shackleton devient un mythe.

 

L'épave de l'Endurance

 

Tout juste de retour, la plupart des hommes dont les doigts n'ont pas gelé sont envoyés à la guerre.

En 1921, Shackleton -le fou- repart pour l'Antarctique. Il meure d'une crise cardiaque le 5 janvier 1922 à 47 ans, et est enterré en Georgie du Sud, près de la station baleinière.

 

Comme tous les marins, et la majorité de l'équipage, il tenait un journal, que je vais m'empresser de lire. Toutes les photos de Hurley sont réunies dans un livre.

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commentaires

Amélie 15/09/2010 15:23


C'est passé aux info aujourd'hui, c'est une autre expédition mais tout aussi intéressant. Désolée, moi je ne sais pas faire de lien, du coup j'ai fait un copier-coller...

MOSCOU — Squelette d'un homme, raquettes à neige, pages d'un journal de bord: les traces d'une expédition polaire perdue il y a près de cent ans dans l'Arctique, et objet d'un roman culte en
Russie, ont été retrouvées près de l'archipel François-Joseph, bien au nord de la Sibérie.

"Il n'y pas de doute que le squelette et les pages d'un journal que nous avons découverts fin juillet sur l'archipel François-Joseph, sont les restes de l'expédition de Guéorgui Broussilov,
considérée comme perdue", a déclaré Oleg Prodan, chef de l'équipe russe partie cet été sur les traces de l'expédition.

Le sort de la goélette Sainte Anne partie de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) en 1912 pour une première traversée par la Route maritime du Nord jusqu'à Vladivostok, en Extrême-Orient russe, demeure
inconnu.

Au bout de deux ans, pris par les glaces dans la Mer de Kara, au nord de la Sibérie, 11 des 24 membres de l'équipe, menés par le navigateur Valerian Albanov, en conflit avec le capitaine,
décidèrent de quitter la goélette dérivant vers le Pôle Nord, pour gagner la terre ferme.

Deux d'entre eux, dont Albanov, ont atteint l'archipel François-Joseph. Dans ses Mémoires publiés en 1917 Albanov expliquait avoir quitté le navire pour laisser les vivres au reste de l'équipe.

Son récit a inspiré l'écrivain soviétique Veniamine Kaverine pour son roman "Les Deux Capitaines" (Prix Staline en 1946), qui fut un livre culte en URSS.

"Nous ne savions rien sur les membres qui ont suivi Albanov", car son groupe s'est scindé à son tour: lui et quatre autres membres sont partis en kayaks improvisés, alors que les autres devaient
arriver par la banquise au cap Grant (au sud de l'archipel), le point de leur rencontre.

Mais ces derniers n'y sont jamais parvenus.

Exténués par le froid, ces hommes mal équipés ont marché pendant 75 jours sur la banquise, se nourrissant de galettes de seigle, a raconté l'explorateur Vladimir Melnik.

Ils marchèrent toute une journée, mais découvrirent le soir qu'ils n'avaient pas avancé d'un pouce, car la banquise dérivait en sens inverse.

L'équipe partie cet été, aidée par des gardes-frontières russes, a suivi l'itinéraire décrit dans les Mémoires d'Albanov.

Au cinquième jour de recherches "nous avons découvert le squelette d'un homme", a raconté M. Prodan. Puis quatre pages du journal d'un matelot datées de 1913, conservées dans la glace, prouvant
qu'il s'agissait bien de restes des rescapés de la "Sainte Anne".

"Aujourd'hui nous avons eu notre dernière dose de tabac. Les allumettes, on n'en a plus depuis longtemps", lit-on sur ces feuilles remplies d'une écriture soignée.

On y apprend également qu'"il y a eu une chasse à l'ours blanc, ou que le capitaine Broussilov, qui était malade, se portait mieux, et qu'on lui a même fait faire un tour en luge autour du navire",
a raconté Oleg Prodan.

Les explorateurs ont également ramassé une montre, une cuillère portant les initiales d'un matelot, des raquettes à neige, un couteau et une paire de lunettes de soleil, confectionnées par le
mécanicien du navire avec des culots de bouteilles de rhum.

"C'était si émouvant de trouver ces lunettes que nous nous imaginions si bien grâce à la description d'Albanov", a raconté Vladimir Melnikov.

Adapté deux fois au cinéma, le roman "les Deux Capitaines" a également inspiré le spectacle musical "Nord-Ost", dont une représentation en octobre 2002 à Moscou avait donné lieu à une gigantesque
prise d'otages par un commando tchétchène. Cent trente spectateurs avaient péri.


Bibsa 15/09/2010 16:47



Les pauvres gens... Il y a Scott aussi, un concurrent de Schackleton, qui a été retrouvé gelé dans sa tente avec ses compagnons. Apparemment il est mort en dernier, l'horreur...


http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Falcon_Scott#Le_retour



amélie 11/09/2010 09:30


c'est impressionnant, et tres bien raconté, merci ! le pire dans tout ca c'est la guerre ! après avoir attendu si longtemps sur la banquise, là ils avaient vraiment de quoi se tirer une balle !


Carole 30/08/2010 14:13


waouh
dingue
et dire qu'ils sont repartis en guerre, forcés, cette fois
dingue.
je vais allez voir le bouquin


Bibsa 13/09/2010 12:36



Je l'ai reçu, il a l'air assez un peu trop plein de détails nautiques incompréhensibles, mais c'était à prévoir...