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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 17:37

Une petite histoire de fantôme, ça change, ça fait passer le temps, et en plus ça instruit. On a un Ghost Tour à Liverpool (Shiverpool, haha), que je n'ai jamais fait, mais qui commence au Philarmonic Pub. Quand on va boire un coup on voit un étrange homme à cape qui attend son groupe de touristes. Bref.

Dans le même coin se trouve Rodney Street, alignement de maisons Victoriennes que je connaissais parce qu'il y a un distrib. En plein milieu de cette rue plutôt banale on tombe nez-à-nez avec ça:

http://www.ancient-egypt.co.uk/liverpool/pyramid/images/2005-mar-11%20629.jpg

Une étrange pyramide dans un cimetière à l'abandon, envahi d'herbes folles, accompagnée d'un obélisque qui penche dangereusement. Figurez-vous que je suis tombée par hasard sur la légende qui accompagne cette tombe. Quant à la vérité, personne ne sait. Je suis tombée sur des tas de forums mystérieux et occultes qui suggèrent entre autres une tombe de franc-maçon, un monument à la numérologie, et même l'entrée d'un souterrain secret et labyrinthique -ce qui n'est pas si stupide que ça, mais je vous en reparle après une petite visite d'un autre coin de la ville.

Voici donc une traduction libre de la légende qui circule, je ne peux pas vous citer la source tellement elle a été copiée et recopiée. C'est long mais ça vous occupera au boulot. Et pour vous les Liverpooliens, pensez-y en allant au Philarmonic, au Pilgrim ou au Magnet... (et préparez-vous un thé, c'est long.)


Les ruines d'une église, à côté

 

 

Par un dimanche soir brumeux, à l'automne 1871, Lionel Harland, docteur respecté de 68 ans, s'éloignait de son cabinet de Rodney Street quand il entendit un bruit de pas venant vers lui. La longue silhouette étriquée d'un homme au chapeau haut de forme et à la cape flottante surgit du brouillard à quelques pas de là. Le Dr Harland hésita au coin de Maryland et Rodney Street, et senti un frisson lui parcourir l'échine, en dépit de l'épais manteau de fourrure qu'il avait revêtu contre la fraîcheur automnale.


La silouette s'approcha du docteur d'une démarche presque militaire. Celui-ci découvrit avec horreur, à la lumière jaunâtre d'un lampadaire, que cette apparition lui était familière. Ce n'était pas une de ses connaissances bien en vie, mais la silhouette fantômatique d'un défunt, que le docteur avait connu de son vivant, il y a de cela des années.


Ce spectre terrifiant n'était autre que James William McKenzie, un homme méchant et cruel qui a osé jouer avec le diable, et en a perdu son âme, maintenant condamné à hanter cette terre jusqu'au Jugement Dernier.
Avant que le Docteur ne puisse traverser la chaussée pavée pour s'éloigner, un rire glacial retentit, et le spectre s'écria d'un ton méprisant "Ah! Hospital Sunday!". Il faisait allusion à une opération de charité que le brave docteur tenait tous les dimanches, pour récolter des fonds permettant de payer des traitements aux plus démunis.


Au milieu de la chaussée, Harland trouva le courage de jeter un coup d'œil à l'apparition maudite, et faillit s'évanouir de peur à la vue du visage qui semblait éclairé de l'intérieur par une falamme rougeâtre, et des yeux d'un noir d'encre, dépourvus de la moindre étincelle de vie. Laissant le pauvre docteur seul et frisonnant, l'homme en noir traversa tout naturellement le mur du cimetière.


 

http://www.genuki.org.uk/big/eng/LAN/ToxtethPark/Cemetery1.jpg


Tremblant, Harland parvint à rejoindre la maison de son ami Daniel Jackson sur Blackburne Place, et lui raconta les événements avec peine. À peine eut-il terminé son récit qu'il s'écroula sur le tapis, la main aggripée à la poitrine. Mr Jackson réussit à le réanimer et lui donna un verre de brandy. Harland murmura "Mr Brocklebank... Parlez-lui de McKenzie, il connait toute l'histoire." Quelques instants plus tard, il mourrait en silence, dans son fauteuil près du feu.


Le seul Brocklebank dont Daniel jackson avait entendu parler était un riche philantrope, propriétaire de paquebots, Ralpf Brocklebank. Son ami harland enterré, jackson écrivit au riche Brocklebank, sans attendre de réponse. Qu'elle ne fut pas sa surpise, lorsqu'il reçut non pas un réponse, mais une visite du millionaire de 70 ans.

 

http://lh6.ggpht.com/_WulyTulixkg/S_QdPWsAaOI/AAAAAAAAAS8/xLqr7vXE_0o/s640/DSC00126.JPGReconstitution des docks, Maritime Museum


Celui-ci arriva sans prévenir, peu avant 11 heures. Il descendit d'un fiacre, vêtu d'un anonyme mateau noir et d'un feutre lui cachant les yeux. Un serviteur l'emmena dans le salon, avant d'être congédié d'un geste de la main par l'important personnage. Daniel Jackson offrit à son invité un verre de précieux scotch de 8 ans d'âge, mais Brocklebank secoua la tête et pria Jackson de lui raconter toute l'histoire en détails.


À l'écoute du récit, Brocklebank devint de plus en plus mal à l'aise. Il s'assit sur l'accoudoir du fauteuil devant la cheminée, poussant les braises avec un tisonnier, l'air tendu. Quand Jackson eut terminé, Brocklebank raconta une très étrange histoire, qu'il semblait voir s'animer dans les flammes. Un récit d'avarice, de meurtre et de surnaturel.


Il raconta :

"Je me souviens de James McKenzie. Une de ces personnes qu'on aurait crues nées vieilles et malhonnètes. Il avait déjà la cinquantaine. J'avais 25 ans, et notre défunt ami en avait 23, et finissait tout juste sa médecine, lors de notre première rencontre. McKenzie jouait avec des sommes dont la plupart des gens ne peuvent que rêver. Il finança les premières voies de chemin de fer et les locomotives de George Stephenson. C'était pour beaucoup un pilier de la communauté, essentiel au commerce et à l'industrie. Il avait un cependant un côté beaucoup plus louche : il était accro au jeu, et fervant athée. On dit qu'il a jeté sa Bible au feu à la mort de son amour de jeunesse. On dit qu'il déteste Dieu pour lui avoir repris. En 1826, onze corps ont été découverts dans les tonneaux d'un navire amarré aux docks de Liverpool. La police remonta la trace des tonneaux, qui les mena au 8 Hope Street, où vivait James McGowan, un ami de McKenzie."

 

http://www.oldukphotos.com/graphics/England%20Photos/Lancashire,%20Liverpool,%20Liner%20at%20Landing%20Stage.jpg


"La police arrêta MacGowan après avoir trouvé 22 cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants, qui avaient été déterrés du cimetière avoisinant. L'homme refusa de donner des noms, mais tout le monde soupçonnait McKenzie d'être la tête pensante. On chuchotait que le 8 Hope Street était une antre de pilleurs de tombes, où les cadavres étaient préservés dans des tonneaux, avant d'être envoyés à des écoles de médecine en Écosse. Le prix était de 15£ par cadavre, d'homme, de femme, ou d'enfant. Mais McKenzie avait besoin d'argent."
"En octobre 1850, il se passa quelque chose que je n'oublierai jamais. McKenzie se mit à fréquenter un homme mystérieux, connu sous le nom de Madison. C'était le meilleur joueur de poker que McKenzie avait jamais rencontré, et, lors d'une soirée mémorable, ont fait durer une partie toute la nuit. McKenzie perdit tout ce qu'il possédait."


"Juste avant l'aube, épuisé et vaincu, McKenzie se préparait à partir lorsque Madison lui proposa "Et votre âme ?". "Je n'ai pas le cœur à plaisanter", répondit McKenzie, "partez." Madison assura qu'il ne plaisantait pas, et proposa une partie mettant en jeu l'âme de McKenzie.
Celui-ci déclina et dit "Je crois savoir qui vous êtes."
"Si vous êtes athée Monsieur, qu'avez-vous donc à perdre ? Un homme qui ne croit pas en son créateur ne peut pas prétendre avoir une âme."


Trop fier pour reconnaître l'existence de Dieu, McKenzie accepta, et perdit. Il tomba à genoux en voyant la main gagnante de son adversaire, mais celui-ci, le Diable en réalité, se mit à rire et lui dit : "N'aie pas peur, vaincu, je ne prendrai ton âme que lorsque que tu reposeras dans ta tombe." Lorsque McKenzie leva les yeux, Madison avait disparu, mais une odeur de soufre flottait dans la pièce.
Voilà pourquoi le corps de McKenzie repose dans une petite pyramide, au-dessus de la surface du sol, assis à une table de poker, tenant une main gagnante.

 

http://fc01.deviantart.net/fs11/i/2006/191/c/e/Victorian_ghost_woman_by_Vegvisir.jpg

 

Ce fut la dernière fois qu'il joua avec le Diable, qui ne peut réclamer son dû tant que McKenzie ne repose pas sous terre. Mais McKenzie n'a pas reconnu Dieu, et est donc condamné à errer à jamais, jusqu'au jour du Jugement Dernier."

Alors que le vieux Brocklebank quittait la maison de Blackburne Place, Daniel Jackson lui dit "dites-moi, l'avez-vous rencontré ? Madison ?". Avant de disparaître dans la brume irisée, le millionnaire acquiesça, puis d'un air inquiet répondit "Comment pensez-vous que je suis devenu aussi riche ? Je n'ai pas travaillé, mais je devrais payer le Diable, le jour venu..."


>> Nb : pfffiou ça m’a pris tout l’aprèm !

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commentaires

Eva in London 23/05/2010 19:22


Ouh là là, que d'efforts, et qu'est-ce que ça fait peur ! Le Nord de la Grande-Bretagne doit quand même avoir une ambiance particulière pour ça : si je dis Grande-Bretagne et non pas Angleterre,
c'est parce que je garde un souvenir un peu effrayé d'Edimbourg... on imagine sans mal les horreurs qui pouvaient se passer dans les petites rues la nuit !


Bibsa 08/06/2010 10:14



Ici la ville est très récente, donc ce n'est pas du tout l'ambiance petite rues sombres. Mais j'imagine bien un docker plein de cicatrices hanter les anciens silos en briques comme...celui qui a
été reconverti dans lequel j'habite !



Dolce 19/05/2010 19:37


Chouette legende et tombe vraiment bizarre... brrr !


Bibsa 26/05/2010 14:13



C'est fou ça, je pensais que personne ne lirait en entier :)