Ca y est, on les a rencontrés, les vrais gens de droite. Ceux qui sont entre deux âges, le crâne tout lisse, et un
joli costume noir. Exactement comme dans le documentaire, A Very British Gangster, qui se passait à Manchester (me semble t'il), à 1h d’ici. On
était tranquillement assis au pub, et ces gens sympathiques viennent se poser sur la même banquette, collés à nous ; Je leur demande si ils veulent qu’on se pousse, et devant mon accent ils
disent « vous êtes polonais ??? ». « euh non, français » « c’est pareil. » . On a changé de place, et on s’est assis à côté d’un jeune sympa, avec un sac soviétique, qui travaille
d’ailleurs au musée dont je parlais la dernière fois, et nous a invités pour aller visiter les réserves. On n’a fini par tous s’en aller quand il nous a dit qu’il ne fallait pas rester
quand des gens comme ca te matent. Ca laisse à réfléchir, moi qui suis tellement blanche que j’en suis transparente, c’est la première fois que je rencontre ce genre de problèmes.
(Allociné)
Passons sur le
fait que j’ai trop bu et que je me suis étalée sur une chaise, la mâchoire en premier, dans un autre pub. Et je me viens de me rendre compte que le bleu est apparu, j’ai donc la moitié du menton
jaune, et le dessous violet. La super classe. Je me disais aussi que tout le monde me regardait bizarrement.
Beuuuuuuuaaaarrrrrrrhhhhh
Sinon ce soir,
pour une raison inexplicable, le bus n’est pas passé. Alors je suis partir en quête d’un autre bus dont on m’avait parlé en dehors du science park. Mais voilà, en dehors du science park c’est la
téci. Et à 17h ici, il fait nuit. J’ai pas trop apprécié l’expérience glauque des rues à maisons condamnées par des volets de fer, éclairées par de rares lampadaires oranges. Quand j’ai enfin trouvé – par hasard- le bon bus, c’est allé beaucoup mieux… Je suis pas sure d’aimer l’envers de Liverpool…
Et puis, comme ça ne suffit pas, ces ### de British Telecom ont coupé ma ligne de téléphone sans prévenir (et pourtant
je paie). Je téléphone pas, mis du coup j’ai pu le net, raaaaah… edit: aujourd'hui (une semaine après le temps que je pense à apporter ma clé USB avec cet article au boulot), enfin,
ma ligne est réparée (normalement, parce que je suis pas encore chez moi).
Aaah quoi de mieux un dimanche matin que de se faire réveiller par le doux splash d’un ouvrier qui lave vos vitres au
jet d’eau, debout sur la plateforme d’une grue qui prend toute la rue… En fait mes volets (intérieurs) étaient fermés, donc il ne m’a pas vue, mais, après avoir cru au début que l’appart était
emporté par une tornade, j’ai été bien étonnée de voir un mec à la fenêtre. Déjà que des fois y’a des groupes de touristes qui prennent la façade en photo...
Mais l’agence ne me prévient jamais de rien. Vendredi dernier, je sors de chez moi pour aller au boulot, et, réalisant
que j’ai oublié mon briquet, je bipe mon badge pour re-rentrer, et ça met « erreur ». Et là je reçois un texto de l’agence qui me dit « ah tiens on a un nouveau badge pour vous, si
vous voulez passer un de ces quatre ». Ben je n’ai pas trop le choix pauvre cruche. Je me suis retrouvée à faire le pied de grue devant l’agence en attendant que quelqu’un y arrive (à
l’heure où je devais moi-même être au travail bien sûr).
Bref, après ce sympathique réveil je me suis motivée pour aller au « World Museum », qui s’appelle comme ça parce que c’est un musée tellement hétéroclite qu’ils n’ont pas trouvé de nom plus précis, enfin c’est
mon avis.
Sur la route je suis passée devant une fanfare en kilt, et ça, ça met toujours de bonne humeur. Bonne surprise
aussi dans le hall, avec un magnifique Lambanana tout en mosaïque (ils s'en vont les Lambananas, pour être remplacés par des pingouins
cet année):
Au premier étage, je me suis demandée ce que je faisais dans un musée si pourri, en parcourant la section
« aquarium » qui devait bien nous montrer, ooooh allez 10 poissons, dans des aquariums miniatures avec des plantes en plastique.
Je me suis bizarrement prise au jeu au deuxième étage, qui avait l’air de ne pas avoir bougé depuis le temps des
grands explorateurs anglais. C’était le grand vrac, des gemmes, des graines, des animaux empaillés (punaise, c’est énorme un corbeau !!), de la peau de serpent à tripoter, et des tas de
tiroirs à ouvrir. Bon , mon vocabulaire anglais ne couvre pas encore toutes les belles choses répertoriées par les sciences naturelles, donc l’ouverture de tiroir a été un peu terrifiante…
J’ai « admiré » entre autres la tarentule mangeuse d’oiseaux, les mammifères locaux, genre des écureuils tout aplatis (pour rentrer dans le tiroir peut-être), des tas
de cailloux et de bêtes toutes plates. Après on se demande pourquoi y’a des animaux en voie de disparition, alors qu’il y en a des empaillés partout.
J’ai pris mon courage à deux mains pour entrer dans la « bug house », par crainte de tomber sur un tas de
mygales vivantes. J’ai effectivement failli faire une crise cardiaque, mais dans le couloir d’entrée, en prenant une photo d’une mouche gigantesque et terriblement kitsch (le panneau disait
« so who is watching who ? »), quand la dite mouche a tourné d’un coup sa grosse tête de 50cm de diamètre. Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas ridiculisée devant des
enfants. Rien de bien intéressant ensuite, à part un vivarium avec des scorpions géants, où quand tu appuies sur le bouton ils luisent en bleu (« n’appuyez qu’une fois s’il vous
plait » « hmm ? Je ne parle pas bien anglais, pardon, vous disiez ? » *clic* *clic* *hihihi**clic*).
Oui c'est laid et flou
J’ai traversé le troisième étage « cultures du monde », vite fait. C’était en fait pas mal, d’avoir une
seule pièce par région du monde comme ça, au moins dès que ça devient soulant ça change. Bon là, les trucs habituels, costume d’inuit, coiffe de chef indien, robe chinoise, objets en porcelaine,
tout ça.
Par contre la partie égyptologie est super (pour un petit musée). Les explorateurs anglais du 19e partaient
de Liverpool, et devaient en échange rapporter des trucs à la ville, d’où la grande collection du musée (5 momies, waaaaa). J’ai été amenée à me poser des questions
existentielles :
Combien faut-il de T-shirt de foot de Liverpool pour couvrir la même superficie que les bandelettes d'une momie bien faite?
750, au fait, si ça vous intéresse.
Au dernier étage « time and space », rien de bien fou, à part des jolies horloges et une belle vue sur la
ville.
Voilà, tout ça m’a bien occupée jusqu’à l’heure du thé, et je suis prête pour la tombée de la nuit, dans quelques
minutes. Et puis les truffes sont sorties chez Marks & Spencer, alors bon, y'a des priorités...
Je m'en vais bientôt tester pour vous le dentiste anglais. J'ai des caries partout, dont une nouvelle bien placée sur
une incisive, qui cause une douleur sympa type «aiguille piquée en plein nerf», dès la première brise fraiche (donc toute la journée). Les soins dentaires ici sont réputés pour être terribles.
Hem hem... Mais comme j'ai plus aucun coté non carié pour manger tranquille, je dois m'y résoudre.
J'ai la chance d'avoir le cabinet littéralement en bas de chez moi, donc en cas de problèmes horribles je peux courir vers mon lit et mourir. Sinon je suis un peu mauvaise langue, pour l'instant
ca s'est bien passé, j'ai pris rdv aujourd'hui pour dans 2 jours (dur ça en France chez un dentiste qui te connais pas), et je vais payer 16,50£ (pareil en euros, selon le change d'aujourd'hui),
ce qui n'est pas cher (je m'attendais à 100). Bon c'est pas remboursé, et j'ai pas de sous, mais y'a des priorités, comme ne pas se tortiller de douleur sur la moquette de l'open space.
Aucun rapport, la patte du bestiau de l'article d'avant
A part ca, je suis allée chez le coiffeur, ce qui n'est pas intéressant en soi, mais qui m'a permis de bien rire en observant l'assistante de ma coiffeuse. Je l'ai bien vue sous toutes les
coutures, parce que l'assistante en gros se plante derrière toi, et te fixe dans le miroir avec un sourire de cruche. Et je suis restée 3h30... Bref, j'aurais adoré avoir une photo mais 1/ça le
fait moyen chez le coiffeur, 2/j'avais pas l'appareil.
Alors prenez une pouf. Peignez-la en orange. Jusque là, rien que de plus normal pour Liverpool (on parlera des putoranges un jour). Habillez-là d'une robe/voile léopard qui arrive mi-fesse. Pour
la coiffure, soyons sophistiqués, vous voyez la perruque à la Marie-Antoinette ? Et ben comme ca, sauf que c'est ses vrais cheveux. Et blonds platine. Enfin la touche finale: coloriez votre pouf
à grands coups de paillettes et de violet flashy, et surtout, n'oubliez pas les faux-cils. Voilà, vous avez en tête à peu près l'image que j'ai eue pendant presque quatre heures...
J'ai
tapé "orange fake tan" dans Google...
Liverpool c'est quand même un peu déprimant... Et puis en ce moment je vois des trucs morts tout le temps dans ma rue, un oiseau, un rat coupé en deux (avec 200 mètres entre les deux bouts du
rat)(et une patte un peu plus loin)... Et puis un flic qui se jette de sa voiture pour faire un massage cardiaque (mais ca c'était pas dans ma rue) (et puis en fait on n’est pas sur qu'il faisait
un massage cardiaque, parce qu'il y avait une jardinière, il faisait peut être des pompes.)
Et au taf j'en ai marre de bosser sur le même jeu depuis un mois et demi. Vous allez dire "rolala elle se plaint la relou", mais imaginez regarder le même film 8h par jour, 5 jours par semaine,
pendant un mois et demi... Moins drôle, hein?? Même avec un bon film. (Avec dr House par contre, pas de problème). Encore moi ça va, les testeurs fonctionnels passent leur journée à rentrer dans
les murs pour voir s'ils passent à travers... Funky !
Hier c’était le quatrième jour d’affilée où il faisait beau, et chaud (relativement). On en a profité pour retourner à
Chester, cette fois pour aller voir le zoo. Pour ceux qui habitent en Angleterre, c’est le zoo qu’on voit dans Zoo Days, sur Five.
Sur la route de la gare, on s’est dit « tiens, ça doit être match à domicile ce soir »… Voilà ce qu’on pouvait voir
absolument partout :
On est descendus du train à Bache (comment ça peut bien se prononcer ça encore ?) parce que c’était ce que la dame de
la voix enregistrée du train nous a dit de faire. On s’est retrouvés sur le parking d’un supermarché avec aucune idée de la direction à prendre, mais on a fini par trouver, en suivant des filles
qui cherchaient la même chose que nous, un tout petit panneau sur un poteau. Le bus c’est gratuit quand on montre son billet de train, et ça, ça met de bonne humeur.
Bonne surprise en arrivant, y’a pas grand monde. Je vais pas trop vous détailler la visite quand même, parce que les
comptes-rendus de visites de zoo c’est très chiant à lire.
C’était un peu comme se promener dans la campagne anglaise (ce qui est techniquement vrai en fait), en croisant des
zèbres et des rhinos sur la route. Le parc est très aéré, tout vert, plein d’arbres et de coins d’herbe où lézarder. En plein milieu du parc il y avait même un mariage dans une belle maison
victorienne, sur fond de cri de lion de mer. C’est pas original ça ?
Dans les trucs sympas, il y avait la serre des papillons, où ça volette partout autour des visiteurs. Et dans le même
genre mais plus beurk, la « twilight zone », où on se retrouve dans une pièce sombre, avec des filles qui couinent et des gamins qui pleurent, et des centaines de chauves-souris de taille
variée. Je dois avouer que j’ai bondit quand j’ai senti dans mon oreille le caractéristique changement de pression causé par un truc passant très vite à un centimètre de la dite
oreille.
Sinon on a vu un orang outan avec des poils qui trainaient tellement par terre qu’on aurait dit une robe, et puis des
tas de bêtes en tout genre, et une petite fille qui s’est accrochée à ma jambe en pensant que j’étais sa mère.
A la fermeture on est allés au centre de Chester, où on est tombés sur un truc de fou : des milliers de gens très très
bien habillés qui allaient tous dans la même direction… Et ils avaient tous un badge, mais impossible à lire discrètement. Et puis ils étaient tous dans un état d’ébriété absolument
incroyable. Plus tard dans la soirée on a discuté avec un mec qui jouait de la guitare dans la rue (et qui de son vrai métier est magicien sur un bateau de croisière en Antarctique (!!)),
et il nous a dit que tous ces gens étaient aux courses, d’où la tenue très classe.
Et voilà, on est retournés boire de la Samuel Smith au milieu des riches, et puis on a repris le train pour
Liverpool…
Aaah, bientôt deux mois dites donc. Je me sens à peu près chez moi dans mon appart de folie, même si j’ai
toujours pas trouvé qui est mon fournisseur d’électricité. Pour l’instant pas de signe de coupure, je croise les doigts.
Ce weekend, c’était la fête à Liverpool, le Mathew Street Festival.
Quand je dis c’était la fête, c’est relatif à la capacité de la ville, hein. Bref, Mathew Street c’est la rue où les Beatles ont commencé, et le festival à la base c’était le Bank Holiday Monday,
jour férié, et accueillait des groupes « tribute » des Beatles. Depuis, ça s’est diversifié. Cette année ça durait deux jours, mais le thème était toujours les groupes tribute. Mais pas seulement
les Beatles. Les gens ont donc pu apprécier les Antarctic Monkeys, Razorlike, ou Kaiser Thiefs… Oui, quand même.
Une brochette de gens typiques
Selon la ville, c’est bien sûr « le plus grand festival gratuit d’Europe ». Hmmm…
Et ben en fait c’est pas du tout ce qu’on attend d’un festival. Oui, y’a des groupes qui jouent, des écrans géants et
des tas de gens dans la rue. Et les poufs ont mis leur tenue Glastonbury : chaussures plates (!!), bandana et veste en mouton retourné sur mini-jupe. Par contre l’ambiance c’est pas trop ça. En
gros à partir de 10h du mat tout le monde boit, et puis c’est tout ce qui se passe.
On est donc allés voir ce qui se passe dans la vraie Mathew Street. Et là, comme là première et seule fois où on y
avait mis les pieds, il s’est mis à pleuvoir des trombes. On a été obligés (si, si !) de se jeter dans le premier pub venu. (Comme par hasard le même que la fois d’avant, où on avait papoté toute
la soirée avec le serveur). C’était comme une boite de sardine remplie d’énormes sardines. On aurait pu mettre deux fois plus de monde si les clients étaient français, et ne remplissaient pas la
largeur d’un couloir avec leur ventre à bière.
Le vieux, à 14h, il a prévu le pack
On a fini par être soulés d’être écrasés, et on s’est encore retrouvés au Peacock, où on passe tous nos weekends. Y’a
même un serveur qui parle français et qui est content de nous parler, et même que là il est à Istres et bosse dans un camping.
Prochain objectif d’article : la non-mode. A Londres c’était déjà spectaculaire, mais ici c’est carrément
indescriptible. Et comme personne nous croit quand on en parle, on va se lancer dans un marathon-photo de pervers, à se cacher derrière des poteaux pour prendre en photo les chaussures des
filles.
Allez, une petite mise en bouche, avec une tenue classique, qui
passerait très bien au travail, accompagnée de talons pas hauts.
Prenons une journée de travail typique. Ca me semble approprié pour vous donner une idée de ma p’tite vie
ici.
7h20 : je me réveille, sauf si je snooze le réveil, mais on est tous pareils, hein… Je me jette sur Internet,
regarde un épisode de Veronica Mars (c’est pas forcement la fête la télé ici, et pourtant j’ai une vingtaine de chaines), tout en buvant un café, me préparant et en préparant mes sandwich de
petit déj. J’arrive absolument pas à manger avant de partir de chez moi, mais déjà y’a du progrès, avant je mangeais pas du tout. Très en avance, parce que je déteste voir le bus partir devant
mon nez, je vais prendre le bus. Je prends l’ascenseur bien sûr, parce que descendre UN étage, c’est fatiguant.
Une rue déserte (voir plus loin)
Je passe la porte d’entrée et BLAM je m’écrase dans un camion ou une voiture, qui se garent toujours PILE devant la porte (et à 15cm), et pas 1m plus loin, là où ca gênerait personne. Je me
faufile dans les 15cm (oui, oui, c’est vrai) et commence un slalom entre les flaques de vomi (soyons honnête, seulement à partir du mercredi). Deux minutes plus tard, je suis à l’arrêt de bus, où
il y a toujours des gens bizarres. Comme une très vieille folle qui hurle des insanités « biiiip biiiip bogoss !!! » aux mecs qui ont la malchance de faire des travaux en face, et qui se cachent
derrière leur grillage, effarouchés.
8h17 : le premier bus part, je prend Métro (aaah on se sent jamais perdu avec Métro), et quitte le bus après 2
minutes, parce que j’allais à 500 mètres, mais je suis une feignasse (et puis je paye pas). Je traverse un centre commercial (parce qu’il pleut), et arrive à la deuxième station de bus, où je
mange mes sandwiches en apprenant des trucs de fous dans Métro.
8h30 : le magnifique Cumfybus, jaune poussin, arrive. Le mec me dit un truc en scouse (un mois que c’est le même mec
et que je comprends rien) et c’est parti pour un trajet chaotique, dans un bus qui n’a manifestement aucun amortisseur, et dont le chauffeur n’a pas le permis. Un peu plus loin mon chef monte
dans le bus, et on s’ignore (c’est lui qu’à commencé !).
9h : J’arrive au boulot, et je pointe. Ca me déprime tous les matins. Et puis je vais faire mon café, ce qui
prend du temps, parce qu’il faut ouvrir 200 portes coupe-feu qui des fois se tirent et des fois se poussent, tout ça avec une tasse de café bouillant. Et puis je vais chercher ma station de
jeu dans mon casier, je mets mon casque et mes lunettes et hop, au boulot. Petite pause clope de 10 h30 à 10h45, pause cantine de 12h30 à 13h30, pendant laquelle j’erre sur des sites à la con
(comme tout le monde je suppose), re-pause clope de 15h30 à 15h45, et puis je repointe à 17h25 et c’est parti.
Ca je le vois pas tous les jours, mais je trouve ça très bizarre... Le bout de façade tourne dans tous les sens...
galère quand t'es au bureau dedans...(et qu'il fait froid)copyright
A un moment entre 17h25 et 17h55, je prends le Cumfybus de 17h31, qui n’est donc pas du tout prévisible.
Et si tu lui fais coucou ½ seconde trop tard, ou à 3 mètres de l’arrêt il s’arrête même pas et fait le geste universel du « pffff », épaules et sourcils levés. A propos j’ai eu le temps en
l’attendant aujourd’hui de remarquer que les arbres ont déjà plus de feuilles.
En bus on traverse un no-man's land. Mais vraiment. Comme si une épidémie avait tué tout le monde. Dans la rue
principale tous les rideaux en fer sont fermés, et quand tu tournes la tête pour voir les rues transversales c’est l’hallu : TOUTES les maisons sont fermées, à coup de plaques de fer sur les
fenêtres, et certaines rues sont détruites en entier, et il reste un tas de gravats. Et puis les plaques sutr les portes disent "tous les objets de valeur ont été enlevés", ou "danger
de mort par éboulement", etc. Faudra que je prenne des photos un jour, le problème c’est qu’il y a qu’un bus par demi-heure.
Après on passe devant l’étrange cathédrale métropolitaine, on zigzague dans la ville, et on est arrivés. Là je prends
pas le bus quand même, sinon je passerais pas devant Marks & Spencer, et j’aurais donc pas d’excuse pour aller y acheter à manger (en courant, parce qu’il ferme 2 minutes
après).
Bon et après c’est pas fun, je mange à 18h30 (parce qu’à la cantine c’était pas bon) (ce midi burger agneau aux
pommes (??!!)) et puis je glande devant la télé… Vous remarquez que ma journée n'inclue pas "je fais la vaisselle" ou "je passe l'aspirateur"... Ben non...
Ce weekend, on est allés à Chester, une petite ville à
1h de Liverpool, où sont nés Michael Owen et Daniel Craig (merci wikipédia). On y est allés en train. C’est marrant parce que le train sert aussi de métro, donc au début t’es dans un tunnel
de métro et tu t’arrêtes toutes les 3 minutes, et puis paf t’es dehors et ça devient un train.
Bref, Chester c’est connu pour être très mignon et plein de ruines moyenâgeuses et de maisons à colombages. Dès
la sortie de la gare c’est le dépaysement total par rapport à Liverpool… Pas d’entrepôts géants déserts, ou de rues complètes de maisons murées, fenêtres fermées par des plaques en métal… Au
contraire, c’est tout vert, tout mignon, et tout calme.
On est arrivés tard pour cause de flemmingite, donc on s’est juste baladés 2h. Dans le centre ville toutes les maisons
sont à colombages, avec -hmm ça va être dur à expliquer- une rue intérieure au dessus du rez-de-chaussée. Vous voyez sur la photo, l’escalier pour monter dans la rue et la
balustrade:
Après on est allé au Boot Inn, la raison cachée de notre visite, parce que c’est un pub Samuel Smith. Je dois dire que
c’est pas très animé la vie nocturne à Chester. C’était un peu flippant parce qu’un couple de vieux étaient assis en face de nous et nous fixaient, sans se parler.
Trois heures plus tard on a réalisé qu’on allait rater le dernier train si on réagissait pas vite fait, alors on est
repartis. Le trajet est passé vite, parce qu’on a débattu sur la suite des paroles de «trois p’tits chats» , après « lait de vache ».
Tout ça en se tapant dans les mains, ce qui a du égayer le trajet des autres.
A Chester y’a aussi un énorme zoo, où on compte bien aller, donc je vous en
parlerai un de ces jours.
Et hier soir, on devait aller à un barbeuk pour l’anniversaire d’une fille du travail, mais comme ici le temps c’est
soleil-30minutes de pluie terrible-soleil, on s’est rabattus sur juste boire. Petite soirée sympa et multiculturelle, où les allemands se mettent à parler en espagnol, et les espagnols en
français, mais tout le monde se comprend quand même parce qu’on est tous unis par notre geekitude. C’est bien cool aussi de voir les gens du boulot en dehors du boulot.
Et pour les news, grippe terminée, j’ai pu arrêter de prendre cette saleté de Tamiflu, et je suis maintenant
tranquille, comparé à vous héhéhé. J’ai appris hier que comme ils avaient pas de news au boulot (parce que je me suis plantée dans l’adresse mail de mon chef), ils pensaient tous que j’allais
jamais revenir… Bizarre…
La grippe porcine donc. Ou mexicaine. Ou H1N1. Ou 'la merde de cette année'. Je me suis dit qu'elle était à la mode en
Angleterre en ce moment, et je l'ai donc attrapée pour pouvoir vous en parler en connaissance de cause.
Je la voyais venir gros comme une maison, quand j'ai appris qu'il y avait 6 malades dans la pièce de 200
personnes où je me trouve en ce moment. Moi et mes défenses immunitaires pourries, on a accueilli H1N1 à bras ouverts.
Je reste sur ma position : pas la peine de chercher les puces à un orang-outan comme ça. La preuve : j'ai déjà eu la grippe, et j'étais pas capable d'écrire (article écrit sur papier (!) en
pleine grippe).
Alors, quand tu as la chance d'avoir tiré le lot 'grippe du cochon' dans le pays qui a baissé les bras, tu fais quoi
?
Solution de facilité : tu vas à l'ambassade, qui t'envoie chez un médecin français, et tu profites du Tamiflu payé par tes impôts à toi, lecteur.
La facilité ? Que nenni ! Je vais me frotter au système de merde
anglais !
1. achat d'un thermomètre, rupture de stock partout, tour de la ville à pieds avec 39
2. Je vais chez mon généraliste, juste en bas de chez moi. "désolée, pas de RDV avant une semaine et demie, si ça va pas vous allez aux urgences" (pét####)
Et on s'étonne après...
3. Je vais au walk-in centre (là où j'ai enlevé mes points). Un quart d'heure d'attente et le mec m'engueule :
- t'as pas la télé ? T'as pas vu qu'il faut PAS sortir de chez soi et appeler le 0800 machin ?
- euuuuh non, je viens d'arriver
- prends ce dépliant et dégage!
4. De retour chez moi, j'appelle donc le 0800 machin, et je réponds à 300 questions finaudes pour voir si j'ai les symptômes, et si je serais pas mourante, par
hasard.
- Etes-vous en train de convulser ?
- Oui mec, et j'arrive à t'appeler !
- Avez-vous la peau humide et bleue (??) ?
*se regarde* *c'est quoi cette question pour mutants??*
Ensuite je gagne un code confidentiel mega long qui me donne le droit à une boite de Tamiflu
("-vous en aurez jamais d'autre, JAMAIS ! C'est clair ?
- euuuuuuuuh")
Le tamiflu donc, disponible dans une seule pharmacie, à environ 7km. Et j'ai donc pas le droit d'y aller, parce que je suis en quarantaine chez moi. Mais les seuls gens de la ville que je connais
bossent pendant les horaires d'ouverture. Tant pis, je saute dans le bus.
5. A la pharmacie, je remplis le papier. J'ai un peu l'impression d'être d'aller chercher de la méthadone. la dame me dit "aaaah mais c'est pour vous
? Fallait pas venir vous-même, allez attendre dehors !" "mais euh, j'ai pas d'amis...".
Dehors donc, sous la pluie, avec toujours 39 (résistante au doliprane la grippe).
Déprimée par ce traitement de pestiférée, je suis allée au Apple store vous tenir au courant.
Sur les docks
De mardi à jeudi:
Le tamiflu c'est horrible. C'est très très vomitif. C'est écrit dessus "continuez à le prendre, même si ça vous rend malade"... Ah ? Cool...
Voilà, et aujourd'hui je suis de retour au boulot, où tout le monde était inquiet, parce qu'ils avaient pas eu mon
mail (à cause d'une sombre histoire de point et d'underscore), et croyaient donc que j'étais morte.
Depuis que je leur ai annoncé la couleur de la maladie, ils me parlent de loin. Bon je comprends, quand ils ont des enfants, mais euhhh, je suis plus contagieuse...
PS: Sont fous à lacantine... S'ils essayaient plus simple, ca serait meilleur...
les gens, je me moquais de la propagande, mais ca y est je l'ai: la gentille grippe porcine mexicaine...
On me traite comme une pestiferee, j'ai du attendre devant la pharmacie pour mon tamiflu, et le mec est venu me l'apporter avec un
masque...
j'ai pas le droit de sortir de chez moi jusqu'a jeudi, et j;ai meme pas encore internet... la je suis au apple store, alors amis de liverpool, ne venez pas utiliser
le 1er macbook pro du rang de gauche.
sur ce, je vais me coucher, et m'enfermer chez moi, comme le veut le gouvernement... je vous raconterai les details plus tard.
par contre ne vous inquietez pas, c'est pas pire qu'une bonne grippe de chez nous (meme moins pire je dirais)
- acheter une combinaison de plongée un
parapluie : à Londres il pleuvait, ici c’est le déluge. En plein été on a 10cm d’eau par terre. Légèrement déprimant. Je peux ajouter : mettre au placard mes robes d’été achetées juste avant de
partir, ou les mettre en boite avec des talons de 15cm, comme les locales.
J'adore aussi:
Wind: SSE 9mph 14kph
Hum: 95%
Press: 1003mB
Vis: Poor
Donc humidité 95%, et on voit rien...Et puis il fait 16 degrés.
Donc, le plan :
- claquer mon salaire dans une couronne. J’aurais du le faire avant de partir, mais j’ai pas eu le
temps, vu qu’il faut le temps de la fabriquer. C’est cher (très) et non remboursé, mais au moins le prix est fixépar l’état. J’espère juste que ça sera pas une couronne dorée, et
que je vais pas avoir mal.
- Faire comprendre à mon bidon qu’on est en Angleterre *va vomir*. Je fais les mêmes plats qu’en
France et je suis malade.
Miam la sauceà la menthe...*vomit encore*
- Trier ma tonne de papiers importants, et réussir à joindre les gens de l’eau et de l’électricité,
avant de me retrouver sale et dans le noir.
- Acheter une télé, dans 3 mois, quand j’aurai la méga réduc du boulot. Et trouver comment la
ramener du boulot à chez moi.
- Courir en sortant du taf pour pas rater le bus qui passe (en avance) deux minutes après la fin du
boulot, et qui repasse qu’une demi-heure après.
- Acheter une carte de bus (parce que 4£ par jour ça me ruine) et Internet, tout ça vendredi parce
que ça ferme à 17h, et que vendredi (comme cinq fois dans l’été), j’ai l’aprèm de libre (nanananananèreuh).
Le Superlambbanana original (il y en a plein des décorés et habillés,je vous montrerai)
("super-agneau-banane")
- Faire des trucs étranges, comme du fitness dans un parc avec snoopy ( !!) ou des cours de stop-motion (mais c’est la semaine donc je pourrai pas). Et partirà la recherche de tous les Lambbananas.
Sinon, à propos de mal de ventre, pour que vous compreniez mieux, voici le menu de ce midi à la cantine
: - gigot d’agneau rôti, sauce à la menthe ou - escalope de dinde fourrée a la « farce de saucisse » oignon et sauge, enroulée dans du bacon,
avec du sirop d’érable
avec : -bébés carottes (beurk) Et/ou -brocolis (beurk beurk) Et/ou - Frites (avec la peau, pfff) Et/ou - Patates nouvelles rôties (avec la peau, re-pffff)
Bon, si on vraiment écœurés, on peut préférer le sandwich du jour : Dinde-cranberry-bacon (
!)
En vrai on peut aussi avoir des jacked
potatoesàce qu’on veut, composer sa salade, ou ses sandwiches. Jusqu’ici j’ai toujours oséprendre un plat chaud, mais au vu du menu de la semaine prochaine,
je vais me mettre à préparer des tupperwares…
Ce que vous en dites...